Entre deux blondes

Ce texte a été publié une première fois en 1995 sur l’ancienne version du blog. J’avais lancé un défi à celles et ceux qui me suivaient : écrire un texte nous mettant en scène, et faisant référence à certains événements liés au mois de mars : le printemps, la Saint-Patrick, mon anniversaire. Tim a été la première à répondre. Voici sa contribution… 

Ce jour-là, la douceur des beaux jours se faisait déjà ressentir. Le printemps arrivait à petits pas et laissait transparaître le renouveau de la nature, de la chaleur du soleil, et surtout des amours. Je me promenais dans les allées du bois de Vincennes repensant à cet homme rencontré deux jours avant au milieu d’une foule délirante et enivrée. Une soirée inoubliable avec des amis rencontrés depuis peu, quelques verres de bière et quelques fous rires échangés dans un pub où nombre d’Irlandais entre autres s’était retrouvé pour fêter la Saint Patrick. Puis il y a eu ce regard que l’on croise et qui accroche, qui hypnotise et qui reste gravé. Il s’était avancé vers nous, sûr de lui et avait commandé une choppe pour disparaître tel un fantôme. Durant ces quelques secondes je l’avais reconnu, il avait été à côté de moi, et j’avais été sûre que c’était lui.

Depuis ce jour ce regard me hantait le jour et la nuit. Pourquoi ne l’avais-je pas abordé. J’aurais pu lui demander du feu, l’heure, n’importe quoi. Mais je n’avais rien tenté, j’étais restée paralysée par ce regard envoûtant. Aujourd’hui j’étais seule, à me demander ce qui aurait pu se passer.

Cela faisait plus d’une heure que j’étais assise sur ce banc, pensant à lui, entre chaque ligne du livre posé sur mes genoux. Je levais les yeux de temps en temps pour regarder les passants : des amoureux d’un jour ou de toujours, des grands-pères faisant leur promenade quotidienne, des joggers, des mamans et leurs enfants, toute sorte de gens que l’on croise une seule fois sans jamais les revoir.

Puis il y eut cet homme, marchant seul d’un pas assuré. Je levai les yeux au même moment et nos regards se croisèrent. A l’intérieur de moi, une sensation bizarre me traversa. D’un seul coup, tout s’accéléra mais en même temps tout sembla s’arrêter. C’était lui j’en étais persuadée. Ce même regard qui m’avait hypnotisé, je le retrouvais chez cet homme. Le temps de me réveiller, il était déjà en train de s’éloigner. Sans réfléchir je me levai et commençai à le suivre.

Une heure s’était écoulée. Je l’avais vu entrer dans un immeuble ancien, typiquement parisien. Assise en terrasse de la brasserie d’en face devant une bière blonde rafraîchissante, je surveillais l’entrée l’air de rien. Du monde commençait à affluer. L’heure des plaisirs de la nuit approchait. J’étais dans mes pensées les plus coquines lorsque tout à coup, une voix douce et tellement sensuelle me dit : « Pourquoi vous me suivez depuis tout à l’heure ? »

Surprise et tétanisée à la fois, je me retournai et le vis là derrière moi, un sourire charmeur dessiné sur son visage d’homme tendre et sauvage à la fois. Du moins ce fut la première impression qu’il me renvoya.

L’air de rien, me montrant la chaise vide, il me demanda :

  • « Je peux ? »
  • Oui… bien sûr ! » répondis-je

Je ne m’étais jamais sentie aussi gênée ! J’osais à peine le regarder mais j’avais déjà retenu chaque détail de son visage. Des yeux noisette avec des sourcils épais qui donnent cette expression si intense à un simple regard, une barbe taillée juste comme il faut, des cheveux bruns coupés courts.

  • « Alors pourquoi me suivez-vous depuis le parc ? C’est plaisant mais aussi intrigant, donc j’ai laissé libre court à ma curiosité, ce qui m’a fait venir jusqu’à vous…
  • Désolée je n’aurais pas dû mais c’était plus fort que moi, je vous ai vu il y a 2 jours dans ce pub et je n’arrête pas de penser à vous… Voilà c’est dit !
  • Vous savez, c’est mon anniversaire aujourd’hui, je pensais que j’allais passer une soirée seul mais je crois que le destin en a décidé autrement… Venez, changeons d’endroit. »

Nous nous levâmes et nous partîmes. Sans réfléchir je le suivais, encore une fois, comme si j’étais hypnotisée. Tout en marchant, je me demandais si je devais lui dire la vérité. Ses textes en ligne sur son blog me renvoyaient l’image d’un homme si doux et si mystérieux. J’avais la même impression en le regardant aujourd’hui. A force de le lire sans le voir, mise à part à travers une ou deux photos, je m’étais attachée à lui. J’avais alors décidé de le trouver. Cela faisait quelques semaines que je le cherchais. Et ce moment était venu, il était là avec moi. Mon cœur, à cet instant précis, était soulagé mais aussi excité et tellement pressé de savoir ce qui allait se passer ensuite.

Le début de soirée fut fabuleux. Nous mangeâmes dans un restaurant chic et sobre à parler de tout et de rien, cherchant à se connaître l’un et l’autre sans entrer dans les détails comme s’il avait voulu conserver cette part de mystère qui le caractérisait tellement. J’en fis de même. Puis nous partîmes dans ce pub où je l’avais vu la première fois.

Quelques bières exquises, encore des mots échangés, puis des regards plus insistants avaient rempli cette soirée. Ses lèvres épaisses appelaient les miennes mais je ne bougeais pas. Puis ce fut lui qui s’avança doucement vers moi. Nos lèvres se frôlèrent d’abord puis le baiser devint plus langoureux. Nos langues se mêlaient, se perdaient dans la douceur et l’excitation. Toutes les personnes autour de nous n’existaient plus. Nous étions seuls.

Peu de temps après nous étions revenus devant le même bâtiment que cet après-midi. Avant de monter, je l’agrippai et le tirai vers moi. Appuyée contre le mur je me laissais caresser. Sa main droite partit de ma taille pour remonter vers mes seins, ma nuque, mes cheveux. Ses gestes étaient à la fois doux et sauvages. Sa main agrippa quelques mèches pour les tirer en arrière. Cambrée contre le mur, mes reins se creusaient, nos corps se touchaient. Je sentais son sexe dur contre le mien à travers son jean. Sa bouche explorait mon cou, sa respiration s’accélérait dans le creux de mes oreilles. Un souffle excité qui me donnait des frissons tout le long du corps. Puis sa main redescendit vers mes fesses, il les cramponna et me plaqua encore plus contre lui.

Tout à coup des voix se firent entendre à quelques mètres, ce qui nous rendit immobiles.

  • « Montons, nous serons plus tranquilles… »

Il ouvrit la lourde porte de bois, me prit par la main et pénétra à l’intérieur. Je le suivais en toute confiance, pleine de passion secrète, d’envie et de désir. Je ne voulais pas que cette soirée se termine. Le printemps commençait bien, le temps des plaisirs était là et je n’étais pas prête de le laisser partir.

Son appartement était très accueillant. Quelques affaires étaient éparpillées çà et là mais malgré cela l’ordre régnait. Nous étions dans un grand salon muni, sur la droite, d’un canapé en cuir noir et de sa table basse. Dans le fond de la pièce de nombreux livres étaient entreposés sur une bibliothèque et à côté, un ordinateur ne demandait qu’à être utilisé. Je sentais l’esprit de l’écriture inonder cette pièce. Le tout était ouvert sur une cuisine fonctionnelle où je l’imaginai passer des heures à se préparer un petit plat du soir. Il se dirigea vers le frigo et en sortit deux bières fraîches. Je reconnu de suite qu’il s’agissait de ma bière favorite, la Leffe blonde. Je me sentais de plus en plus proche de cet homme si longtemps imaginé et si longtemps désiré. Revenant vers moi il me tendit la chope de bière.

  • « A notre rencontre ! » lança-t-il d’une voix qui me fit frémir de haut en bas.

Une gorgée, un regard et tout bascula de nouveau.

Nos gestes étaient rapides mais la douceur était là. Je déboutonnai son jean tant bien que mal pendant que lui remonta ma jupe. Puis je retirai son tee-shirt noir pendant qu’il m’ôta mon haut. En même temps nous nous dirigions vers la chambre sans nous décoller. Nos baisers étaient sauvages et remplis d’excitation. Il me poussa doucement sur le lit. Allongée je me laissai faire. Il me mit nue en prenant son temps, en explorant chaque partie de mon corps. Ma nuque qu’il frôlait du bout des doigts, mes seins qu’il titillait avec sa langue, mon ventre sur lequel il faisait de tous petits cercles. Il descendait lentement, fit le tour de mon duvet et s’aventura le long de mes cuisses, de mes jambes, de mes pieds pour remonter en me faisant de tendres baisers ici et là. Je le regardais faire, tant de désir me submergeait, je fermais les yeux pour les rouvrir et encore les refermer. Comme c’était bon d’être entre ses mains. Son visage était maintenant au-dessus de mon sexe. De sa main droite il caressait mon triangle coupé court, l’autre s’aventurait tout autour. Il touchait ma peau doucement, tendrement. Puis il commença à écarter mes lèvres pour laisser apparaître mon clitoris qui était déjà rouge vif d’excitation. Lentement, en me regardant dans les yeux, il s’approcha. Sa langue vint se poser dessus pour commencer à faire des mouvements dans tous les sens. J’avais les jambes bien écartées, offerte à cet inconnu tant recherché. J’aimais ce qu’il me faisait. Le plaisir m’envahissait, je fermais les yeux et laissais sortir des râles de plaisir, ce qui l’excitait car il accélérait chaque fois qu’un son sortait de ma bouche. Sa langue entrait de temps à autre dans mon vagin humide. Puis ce furent ses doigts qui me pénétrèrent. Le plaisir s’intensifia aussitôt. Il explora toute la surface à l’intérieur, faisant des va et vient. Je mouillais de plaisir et de désir.

Il s’arrêta d’un coup et vint m’embrasser avec toute cette délicatesse et cette sauvagerie que je pouvais ressentir à travers ses textes. Ses mains caressaient mes seins, les miennes parcouraient son dos. Mes ongles le griffaient, mes doigts l’effleuraient. Tout comme lui je mêlais douceur et brutalité.

Enfin son membre dur entra tout doucement en moi. Il me pénétra lentement, puis d’un seul coup l’enfonça entièrement. Nos regards se croisèrent à ce moment-là. En une fraction de seconde, nous ne fîmes qu’un seul être. La passion et l’excitation prirent le dessus. Nous nous embrassions, il glissait en moi, je me cambrais en avant pour le faire entrer encore plus loin. Mon vagin était plus que mouillé et tellement ouvert. Son sexe était dur et tellement gonflé. II entrait et sortait lentement puis plus vite. Puis le rythme s’accéléra pour ne plus s’arrêter. Il gémissait de plaisir et me faisait gémir comme jamais. Nos souffles se mêlaient. Nos corps humides se touchaient. Mes mains glissaient sur son dos, ses fesses.

  • « Oui ! oui encore… » Je ne voulais pas qu’il s’arrête.

Au même moment, il me fixa droit dans les yeux. Puis il se laissa aller. Il jouissait en moi. Je fis la même chose. En même temps, nous prenions notre plaisir. Une extase intense qui n’en finissait pas. Une extase qui me faisait perdre mes moyens. Une extase tellement courte mais qui paraissait être une éternité. Les dernières secondes, nos yeux se fixèrent pour ne plus se détacher…

Puis, comme pour ne pas mettre fin à ce moment, il resta en moi sans bouger, m’embrassant dans le cou, sur les joues, sur les lèvres. Puis dans un doux mouvement il se retira et s’allongea à côté de moi. Sa main droite continuait à passer sur mes courbes, à frôler ma peau.

Sans un mot nous restâmes l’un contre l’autre quelques minutes. Puis il se leva sans rien dire et revint avec nos deux verres de bière blonde. Il m’en tendit un et me dit dans le creux de l’oreille : «  A notre rencontre ! »

Je pris le verre, le regardai et répondis : « Non ! Joyeux anniversaire !… »


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