La nuit de Justine

Justine

Un son furtif lui fit savoir qu’il venait de recevoir un email. Luka saisit son téléphone, lança l’application pour accéder à sa messagerie. Il s’attendait à un spam, une éventuelle alerte pour un travail, ou une notification provenant des réseaux sociaux. Mais il fut surpris de voir que l’expéditeur indiquait « Justine ». L’intitulé de l’objet, « Ma nuit », l’interpella. Il ouvrit le message et commença à le lire…

« La nuit est déjà bien avancée mais je sais que je n’arriverai pas à dormir. Je pense. Je pense (beaucoup) trop. Est-il possible d’arrêter de penser ? Malheureusement je ne pense pas. Je le sais, il est tard, mais je sais aussi que mes pensées voleront vers lui à chaque fois que mes yeux se fermeront.

Vers toi, cet homme fabuleux, cet être d’exception qui me transporte dans un autre monde, qui me donne des ailes, qui me parle comme jamais personne ne m’a parlé. Qui me décrit ces parties de sexe qui pourraient m’attendre et m’atteindre. Ce sexe qui m’échauffe le sang et l’esprit, qui me fait ressentir plus qu’un grésillement au fond du ventre. Comme un feu intérieur qui couve et ne demande à prendre vie.

Tu m’en as trop bien parlé hier soir, et cette histoire est restée gravée au fond de mes pensées. Je t’imagine déjà derrière moi, prête à m’offrir. Ma main caresse ma peau que seule ma nuisette noire recouvre. Je t’imagine me frôler du bout des doigts, légèrement, allant et venant sur mon corps si réceptif, me procurant de petits frissons qui m’électrisent. J’aimerais trop ces douceurs avec toi, je le sais.

Mes tétons sont déjà durs, et pointent. Je les touche du bout de mes ongles. Oh frémir, ressentir tes doigts courir sur cette poitrine qui a envie d’être tétée, aspirée, gobée, malaxée, pétrie, caressée. Continuer ce chemin, descendre vers mon ventre. Quelques tours d’index sur mon nombril et je continue vers mes cuisses entrouvertes. C’est chaud, c’est doux, c’est humide.

J’ai envie de t’appeler et te raconter mes caresses solitaires qui n’iront pas jusqu’au bout ce soir. J’ai plutôt envie de toi, de te lire, comme un rituel entre nous, un texte érotique chaque soir avant que tu t’endormes. Un texte peut être comme celui-ci :

Ton regard est sans équivoque, tu ressens au fond de toi le même désir que moi. Tu me serres contre toi. Rapidement nous ne pouvons plus attendre, nos lèvres se rejoignent en un baiser langoureux, humide, fougueux. Sentir ta langue jouer avec la mienne achève de me faire fondre et je me sens désormais très excitée…

Tu prends mes seins à pleines mains, ils sont durs. J’ai envie de sentir ta peau contre la mienne, nous ne savons pas comment, mais sans que nos bouches ne se séparent nous atterrissons sur le lit. Tu me regardes quelques instants avec tendresse et désir, puis la valse lente des corps s’enclenche. Ta bouche descend de mes lèvres à mon cou, tu me mordilles l’épaule, je frissonne, et enfin ta bouche glisse sur mes seins. Oh, j’attends ce moment depuis une éternité ! Tes lèvres et ta langue qui jouent avec mes tétons durcis. J’aime lorsque tu les fais rouler entre tes lèvres charnues, quand tu les mordilles délicatement. Ce mélange de légère douleur me fait mal et m’excite à la fois.

J’aimerais que tu aies cent bouches, cent mains, que tu me caresses et m’embrasses partout à la fois. Sous tes doigts, je perds pied, tous mes sens en éveil, je m’égare dans le labyrinthe du plaisir. Sous tes doigts, mon corps ne devient plus qu’une immense zone érogène que tu effleures, empoignes, caresses à la fois. Je ne peux m’empêcher de gémir malgré tes dents plantées dans ma peau

Mon sexe te réclame, mais je ne te laisse pas y accéder. Pas tout de suite. Mon excitation est telle que j’ai peur de ne pas maîtriser mon plaisir. Et j’ai envie que cela dure, dure. Dure ou dur, comme l’état de ton sexe lorsque je pose ma main dessus. Je retire ton boxer presque avec dévotion. Ton pieu se dresse fièrement, gonflé de désir, tendu comme un arc. Une bouffée d’émotion et d’excitation m’envahit jusqu’au fond du ventre. Plus je le regarde et plus il grandit. Je referme mes doigts sur lui et le caresse doucement, tout doucement. Je prends mon temps, je savoure cet instant. Je retarde le moment où j’engouffrerai dans ma bouche ta virilité, pourtant j’en ai tellement envie. J’ai faim et soif de toi. 

Ma bouche abandonne tes lèvres pour déposer sur ton torse et ton ventre de petits baisers qui n’ont qu’une finalité : descendre, descendre… Le haut de tes cuisses tout d’abord, puis ton pubis. J’atteins la terre promise, j’ai ton sexe près de mon visage, quelques gouttes de plaisir suintent déjà, que je m’empresse de lécher. Doucement, de haut en bas, de bas en haut, je redécouvre ta verge avec ma bouche et ma langue. C’est si bon !

Ça y est, j’écarte légèrement mes lèvres et ton sexe tendu glisse dans ma bouche. Je te regarde avec un petit air coquin… Tu retiens un petit « ah » de plaisir, tu aimes me sentir te prendre en bouche, surtout que tu sais maintenant que j’y prends autant de plaisir que toi. Je t’aspire, te lèche, te goûte, te suce, t’embrasse. Oh que tu es dur ! C’est délicieux de te sentir aller et venir, je sens mon désir tremper désormais le haut de mes cuisses et je te regarde encore me prendre par les cheveux pour m’indiquer le chemin. Tu gémis à mesure que j’accélère, et que mes doigts et ma langue continuent leur exploration.

Tu ne tiens plus, tu te retires de ma bouche et me retournes. Je suis sur le dos, tes mains sur mes poignets, ton visage près du mien, nous avons tous les deux le souffle court. Deviner ton sexe tendu à l’extrême près du mien finit de me rendre animale. Je me cambre pour essayer de t’atteindre, mais tu ne me laisses pas faire. Tes yeux plantés dans les miens, tu plaques ta bouche entre mes cuisses trempées. Tu as envie de me lécher, de faire durcir mon bouton, d’enfoncer ta langue, de tourner tes doigts en moi dans une valse lente et intense.

Je n’essaie même plus de me débattre, j’ai trop envie de toi. Je sens maintenant ton gland titiller l’entrée de mon intimité offerte et soumise. Viens, s’il te plaît, viens en moi, glisses-toi. VIENS. Tu sembles lire dans mes pensées, je te sens entrer, puis t’enfoncer en moi tout naturellement. Tu es très excité et tu fais des va-et-vient, d’abord lents, puis tu t’enfonces de plus en plus fort, de plus en plus vite. Toi qui prends tant le temps d’habitude, tu sembles ne pas pouvoir ou vouloir te retenir cette fois-ci. C’est intense, sauvage, brutal, bestial.

Je voudrais que ça ne s’arrête pas, mais le plaisir me surprend sans crier gare, mon ventre se soulève et un orgasme venu de loin me submerge. Gémir ne me suffit plus, il faut que je crie mon plaisir, que j’exprime le bien que tu me fais. La petite mort est foudroyante. Je n’ai pas le temps de me remettre de mes émotions que ton sexe dégoulinant de miel recommence ses mouvements. Je ne peux plus parler, ma bouche ne fait que gémir, pousser de petits cris, je ne suis plus moi. Tu gémis, toi aussi, tu me dis que tu aimes ça et cela augmente encore mon excitation. Je contracte mon sexe au maximum, joue avec mon bouton. Tu sens mes doigts près de ton sexe, je me caresse en même temps que tu me prends. Mon dieu que c’est bon ! 

Tu te retires d’un seul coup, me retourne et m’installe en levrette. Tu m’empoignes les cheveux d’une main, l’autre s’accroche à mes hanches. Je t’entends pousser un long râle, et sentir ton sexe exploser en moi me fais jouir une seconde fois. Le plaisir est intense, nos sexes mettent du temps à se séparer. Tu t’allonges à côté de moi, tu as cet air bienheureux et satisfait du devoir accompli, du mâle assouvi.

Voilà quelles étaient mes pensées cette nuit, alors que je me caressais en pensant à notre prochain rendez-vous. J’espère qu’elles te plairont et ne te laisseront pas indifférent. En attendant je te souhaite une bonne journée. A très vite.

Ta petite coquine.

Justine. »

Luka sourit. Il savait que sa journée serait bonne, et après une telle lecture, il lui tardait de retrouver sa belle. Sa moitié, douce et sauvage à la fois, ange et démon, rebelle et soumise.


Une réflexion sur “La nuit de Justine

  1. Comment ne pas fondre de plaisir sous ces mots si bien posés. Comment ne pas s’y voir et imaginer écrire ces mots ou recevoir ce mail.
    Bravo pour ces minutes de liberté épistolaire.

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