Jour 5 : Île de Sein

Phare de Sein

 

Aujourd’hui, c’est Île de Sein. Le départ du bateau est prévu à 9h30, et si nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres de l’embarcadère, nous nous sommes levés tôt. Pour refaire nos bagages, mais aussi pour profiter de la vue sur le port, la mer et les alentours que nous offre la salle de restaurant. La nuit a été longue, bonne, et il me fallait bien ça pour récupérer. Je me suis médicamenté juste avant de me coucher, même si ça allait déjà mieux. Il fait gris, il y a un peu de vent et de crachin, mais on sent que ça ne durera pas. Je me réjouis à l’avance de la traversée car tant qu’on longera la côte, tout ira bien. Les choses risquent de changer lorsque nous atteindront le raz de Sein. Pour avoir déjà fait de nombreuses fois cette traversée, surtout par gros temps, j’ai l’habitude. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde…

Après avoir embarqué vivres et passagers (aucune voiture sur l’île), le bateau quitte le port d’Audierne et s’éloigne à distance raisonnable de la côte. Je décide de monter sur le pont supérieur, à l’air libre et je m’installe côté droit dans le sens de la marche. Bien évidemment, lorsque l’Enez Sun dépasse la Pointe du Raz, on commence à ressentir le tangage, le roulis et le lacet. Sans parler du vent qui se mêle à la fête. Je reconnais avoir été un peu sadique puisque je me suis installé à droite, côté vent, alors qu’à gauche nous aurions été à l’abri. Au bout de quelques minutes, je me dirige vers l’autre bord pour regarder l’horizon et commencer à voir se dessiner Sein. Le phare de Men Brial se rapproche de plus en plus, le bateau dépassé la petite île de Nerroth, sur laquelle se trouve « le cochon », bloc de granit couché ressemblant fortement à un porc qu’on aperçoit en arrivant avant d’entrer dans le port. Il semble regarder silencieusement les passagers monter et descendre des bateaux, méditer sur l’île qui se vide et se remplit au rythme des marées, des départs et des arrivées des navires. Nous accostons à l’abri dans le port alors que le soleil tente timidement de percer le voile de nuages.

Nous flânons dans les rues étroites de l’Île avant de nous retrouver sur ce petit bras de terre qui mène jusqu’au phare de Sein, là où sont installés les groupes électrogènes qui alimentent en électricité tous les habitants de l’île. C’est aussi l’occasion de respirer sainement, de prendre un bon bol d’air iodé, de se ressourcer, de se réoxygéner le corps et l’esprit. Je suis venu souvent  passer quelques jours ici, en hiver de préférence, pour les tempêtes et l’absence de touristes. J’en suis toujours reparti les idées claires, après m’être retrouvé face à moi-même. Au large, la mer semble se déchaîner sur Guernejan, Ar Gouelvanig, Ar Boufe. Je repense alors aux nombreuses histoires que me racontait mon grand-père quand j’étais petit, pendant nos promenades. Comme celle du « Sphinx », cette pierre extraordinaire gardienne de l’île contre les démons, dont la rumeur dit que si des monstres tentent de venir sur Sein, le Sphinx les pétrifiera en énormes blocs de granit aux formes torturées. Mais le gargouillement de mon estomac me ramène à la réalité : il est temps d’aller déjeuner au restaurant Ar Men où j’ai réservé une table. Je n’ai pas pensé à téléphoner quelques jours avant, mais si vous vous rendez sur Sein, faites-le : le ragoût de homard se commande à l’avance, et il est à tomber !

Après le repas, nous reprenons notre promenade sur l’île. Nous passons près de l’église Saint-Guénolé. Au sol, on distingue d’anciennes dalles sacrées. Ce sont les restes d’un vaste cromlec’h (des blocs de pierre dressés en cercles) dont on trouve encore sur l’île deux spécimens, « les causeurs » : un couple de menhirs orientés ver le nord et le sud, juste à côté de l’église. Quelques mètres plus loin trônent les vestiges du moulin du Nifran. Au vu du temps des journées précédentes, le sol plus que boueux ne nous permet pas d’accéder à certains endroits. Comme au Kador, cet énorme bloc de granit où un couple de corbeaux noirs venaient se reposer tous les ans se reposer. La légende raconte que les îliens, reconnaissant chaque année le même couple d’oiseaux, pensèrent que les corbeaux venaient pour une ronde annuelle de surveillance de l’île et qu’ils étaient des esprits protecteurs et qu’il fallait leur dédier le rocher sur lequel ils revenaient annuellement.

Le soleil est enfin sorti de son voile de nuages, et nous profitons du temps qu’il nous reste avant le voyage retour pour nous installer à la terrasse d’un café. A 15h30, tous les touristes se dirigent vers l’embarcadère au pied du phare de Men Brial et l’Enez Sun quitte le port une demi heure plus tard. La traversée est moins agitée que celle du matin, le vent étant retombé. Une fois à Audierne, nous remontons en voiture, direction Quimper. Nous passons déposer nos affaires à l’hôtel avant d’aller dîner, dans un restaurant asiatique. Je ne le sais pas encore mais si la qualité des produits est au rendez-vous, mes soucis intestinaux eux ne sont pas totalement effacés. Le poisson cru (sushis) n’est du coup pas une excellente idée. Tout cela me promet une merveilleuse nuit…

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