Jour 4 : Quimper / Pointe du Raz

Dar Eriah

 

Comme il est dit dans le précédent billet, la nuit n’a pas été des meilleurs. Pourtant la fatigue était bien présente, l’air iodé et les marches sur Belle-Île auraient dû avoir raison de moi. Mais la côte de bœuf du Buffalo Grill en a décidé autrement. C’est donc barbouillé que je suis descendu prendre mon petit déjeuner. Totalement déconnecté depuis longtemps de l’actualité, je découvre, horrifié et consterné, les images des attentats de la veille dans l’Aude.

Ce matin, direction le centre ville de Quimper pour faire le marché. Mais vu mon état, il est nécessaire de faire d’abord halte dans une pharmacie. Nous nous installons ensuite à la table d’un café, le temps que je me médicamente, puis nous nous dirigeons vers les premiers étals. En fait, un seul d’entre eux m’intéresse, et nous tombons dessus tout de suite. Je ne souhaite faire le marché de Quimper que pour acheter du chouchen, mais pas n’importe lequel : celui de la maison Lozachmeur, qui reste pour moi la référence. Bien évidemment, nous avons fait le plein de miel et de bouteilles de ce nectar, qui ont été rejoindre le reste de la supérette mobile.

Vers 11h00, je me suis installé au volant et j’ai pris la direction d’Audierne. Sur la route que je connais par cœur, certaines choses ont changé, notamment dans les villages traversés : réaménagement des routes, naissance de quartiers entiers. Et puis, peu à peu, tout m’est redevenu plus que familier. Les panneaux indiquant le centre équestre de Lambabu, le restaurant le Goyen, la compagnie Penn Ar Bed… Nous étions proches de Plouhinec, et le clocher de l’église qui se dessinait au loin me le confirmait. Je me suis garé sur le parking de l’office de tourisme et j’ai regardé le grand bâtiment blanc de l’autre côté de la route. Lorsque j’étais enfant, c’était un hôtel café restaurant mais aussi une épicerie boulangerie. A cette époque les centres commerciaux n’étaient pas nombreux.

Et puis j’ai parcouru la route qui traverse le village vers Audierne, jusqu’au premier rond-point. Sur la droite, l’hôtel que j’ai connu n’a pas survécu, il y a maintenant un salon de coiffure, et sans doute des logements au-dessus. Le magasin Intermarché est devenu Carrefour Market. Bref arrêt pour faire le plein d’essence et je m’engage dans la rue en face. Mon cœur se serre soudain, à l’approche de cette maison qui a vu tant de mes souvenirs d’enfance. Qu’en reste t-il ? Les nouveaux propriétaires ont-ils tout dénaturé ? Je me gare sur le bas côté, aux abords de ce qui était jadis un champ. Il semble que ce soit aujourd’hui un grand jardin dans lequel s’affaire une femme d’un certain âge. Elle se redresse et nous demande si nous cherchons quelque chose. Je lui réponds que je suis le petit-fils des anciens propriétaires et que je venais juste revoir la maison de mon enfance. La dame s’approche en souriant : c’est la propriétaire. Elle nous fait rentrer et je suis heureux de constater que, hormis quelques travaux fondamentalement nécessaires, rien n’a changé.

Tellement de choses me reviennent à l’esprit… la cour dans laquelle je jouais avec le sable que mon grand-père ramassait pour moi dans un sac de 50 kilos lors de nos promenades sur la plage. La cuisine, où je savourais mes tartines de beurre salé saupoudré de cacao pendant que mes grands-parents s’envoyaient un p’tit verre de rouge. La salle à manger, avec sa grande cheminée, près de laquelle je revois le fauteuil de mon grand-père. Le dégagement à l’étage, où on avait aménagé mon espace à moi. Le cabanon, lieu réservé à mon grand-père, une véritable caverne d’Ali Baba où on trouvait de tout. Le jardin, où subsistent encore les roses que mes grands-parents ont planté. La vue sur la mer. Les champs où, petit, je voyais le voisin fermier mener paître ses vaches le matin. Henry, un autre voisin, qui ramenait à l’écurie son cheval de labour, Bijou, et qui s’arrêtait pour que je monte sur son dos. Mais il est temps de reprendre la route, direction la plage, et un petit coin que j’aime beaucoup : Pors Pouhlan (que j’évoque dans un de mes billets (celui-ci). Savourer l’instant. Le bruit des mouettes, des vagues, les teintes de l’eau sous le reflet du soleil et des nuages.

Nous descendons enfin sur Audierne, direction l’hôtel, pour déposer nos affaires. Quelques minutes de pause bien nécessaires, qui nous permettent de profiter de la vue de cette hôtel les pieds dans l’eau. Et nous reprenons la route, direction la Pointe du Raz. Malgré le vent, il fait vraiment beau et bon. Une nouvelle fois, de nombreux souvenirs refont surface ; je me souviens de l’époque où on pouvait venir se garer pratiquement au pied du sémaphore, devant lequel les boutiques de souvenirs s’étalaient en demi cercle. Je me souviens de la destruction de l’hôtel de l’Iroise, qui offrait une vue magnifique sur la Pointe et sur toute la baie de Douarnenez. Avec le projet de réaménagement, la nature a repris ses droits et la pointe n’en est que plus magnifique. Après une petite halte pour agrandir le stock de la supérette mobile, et un passage chez Leclerc, nous rentrons nous reposer à l’hôtel. Le soir, nous dînons sur place, et là encore l’expérience culinaire est belle. Malheureusement, si je vais mieux, je suis extrêmement fatigué, et je ne savourerai pas mon repas comme j’aimerais le faire. Mon dessert à peine terminé, je file me coucher et il ne me faudra pas longtemps pour m’endormir. Il faut être en forme demain, une grande journée en plein air marin nous attend !


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