Jour 1 : Angers / Nantes / St-Nazaire

Angers

Premier jour de ce road trip. Inutile de dire que, hormis la trousse de toilette et quelques effets de dernière minute (chargeur de téléphone par exemple) tout était déjà prêt !

J’avais annoncé « il faudrait être parti au plus tard à 10h » mais j’avais oublié de préciser ma pensée, à savoir qu’à 10h la voiture serait chargée, plein fait et pneus gonflés, et que les kilomètres commenceraient à être avalés (même si ce n’était qu’une petite dizaine). C’est donc avec un peu de retard sur l’horaire prévu que nous quittons l’Essonne. La circulation est fluide, et nous quittons sans mal la région parisienne. Le temps est plutôt changeant : un très léger voile nuageux joue avec le soleil par intermittence.

Première pause sur autoroute à proximité du Mans, histoire de grignoter quelque chose et de prendre un café, et nous reprenons la route. Aux abords de la capitale sarthoise, un panneau indique la Ferté-Bernard et mes premiers souvenirs refont surface. Activité cérébrale intense, voyage en amnésie au fur et à mesure qu’on se rapproche de la capitale du Maine et Loire. Les noms des villes et villages me parlent de plus en plus. Et puis soudain… Angers apparaît. Appréhension, nostalgie. Je reviens 22 ans plus tard sur le théâtre de nombreux bouleversements dans ma vie. Mais si la ville a bien changé – dans le sens positif du terme – il y a des choses qui restent les mêmes, et je n’ai pas de mal à me diriger, ni à reconnaître les rues qui ont vu ma carcasse arpenter le pavé.

Première étape : se restaurer. Et bien qu’il soit déjà 14h30, je ne vois qu’un endroit autre qu’un MacDo ou une enseigne de restauration rapide : mon ancien quartier général. C’est une claque immense que je prends en arrivant devant la brasserie, car si elle a changé de décor et de propriétaires, elle existe toujours, avec le même nom. En pénétrant dans la salle, je me replonge plus de 20 ans en arrière, à l’époque des soirées étudiantes, de mon service militaire, du karaoké. C’est ici que j’ai connu Kathleen, et celui qui est depuis mon meilleur ami. Ici, j’ai vu des couples se faire et se défaire. J’ai appris de bonnes nouvelles, d’autres plus dramatiques, d’autres dont on ne se remet jamais véritablement. J’ai dragué, j’ai bu mais toujours modérément, j’ai pleuré, j’ai chanté, j’ai ri… j’ai vécu.

Une fois le ventre vide, je ne suis pas revenu vers la mairie et le jardin du Mail. J’ai préféré prendre la rue St Aubin, en face de mon QG. Là aussi, beaucoup de souvenirs. Tenter de rabibocher un couple qui passait son temps à se déchirer mais qui s’aimait au-delà de tout (aux dernières nouvelles, le couple tient toujours et s’est assagi). Aussi incroyable que cela puisse paraître, certaines enseignes existent encore. D’autres ont totalement disparu et les nombreux locaux vides me font penser à la rue d’Isles à Saint-Quentin. Je passe devant chez mon ancien disquaire, en souriant. C’était un homme gentil, serviable, toujours au petits soins pour ses clients. A la mort de mon père, le Fond de Pension Militaire m’a versé une coquette somme d’argent, dont une bonne partie a été dépensée ici. J’avais sympathisé avec Christian, l’un des employés. A l’époque, il était l’un des précurseurs de la musique techno dans la région, et connaissait aussi bien ce style de musique que la pop et le rock. Il avait reçu pour consigne de me faire des réductions, d’arrondir le montant de mes achats et de me faire cadeau du reste. Il lui arrivait même de joindre des albums reçus en avant-première (ceux destinés aux disquaires, à la presse).

Un bref passage par la cathédrale, mais je ne me suis pas attardé : l’édifice, aussi beau qu’il soit, est lié à de mauvais souvenirs. En passant par les petites rues du vieil Angers, on finit déboucher sur la Promenade du bout du monde, cette artère qui longe le château et offre une vue sur la Maine. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis venu m’y poser, pour réfléchir, pour écrire, pour laisser couler mes larmes. Quelques photos en souvenir et il a bien fallu rejoindre la voiture.

Vu l’heure (17h), nous avons décidé de supprimer l’étape nantaise, faute de temps, et de rallier directement Saint-Nazaire. Après 1h30 de route sans encombre, nous nous sommes garés sur le parking de l’hôtel. Si je n’étais pas certain de mon choix à l’époque des réservations, je sais aujourd’hui que je ne renouvellerai pas l’expérience d’un hôtel F1. Les sanitaires (toilettes ET douches) en commun, dans un établissement qui compte 98% de clients qui travaillent sur les chantiers navals de la ville… je vous laisse imaginer ! Ambiance très masculine…

Après avoir posé nos affaires, et galéré quelques minutes pour rejoindre l’ancienne base sous-marine (aucune indication sur des panneaux), nous avons retrouvé un ami pour boire un verre et dîner. Un bar à vin fort sympathique, une bonne cuisine et une ambiance – un peu trop bruyante à mon goût – assurée par des canadiens et des américains. C’est sur ce bon moment que s’est achevé cette première journée. Demain, peu de route à faire, mais de nombreux paysages à découvrir entre Saint-Nazaire et Quiberon…


2 réflexions sur “Jour 1 : Angers / Nantes / St-Nazaire

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

    1. Je tenais à vous remercier pour votre commentaire sur mon blog. Votre second commentaire.
      Exactement le même, au mot près, que le premier (déposé le 06/03/2018).

      C’est gentil… mais au lieu de commentaires génériques visant éventuellement à attirer du monde sur vos blogs, faites part de votre ressenti profond :)

      Bien à vous.

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