La plume opportune

Plume

 

J’ouvrais les yeux sous un ciel soupirant,
Aux autres rêvant encore sur de longues plumes d’argent.
La nuit aussi planait en mon cœur estropié, clandestin d’outre-hémisphère.
Mes rotules s’ébranlaient sous le flux indéfectibles de mes infirmes paupières.
Les infimes reflets de mes yeux endeuillés
S’évanouissaient presque dans les ardeurs vagissantes.

Soudain, soudain l’aurore prit des rides et je vis treize fentes
S’entrouvrir, treize pentes éternelles. Au seuil de la dernière,
Un oiseau au manteau argenté, dans le bec une plume de lumière,
S’approcha, contempla la rayure de mes orbites décomposées
Et me berça un message tiède et fondant né du four de ses condoléances ;
Puis il me tendit la plume luisante, tirant les rideaux noirs
De mon regard dans les transes :

 » Voici ô morne enfant la plume des mots de vos maux,
La plume à l’envie vide
Qui boira celle de vos larmes boueuses et de votre peine livide.
Seul le paroxysme de votre mal  burinera le ciel de la treizième issue,
Puis transformera la pente de votre jeunesse en Escalator, et son air si déçu,
Ô morne enfant, en des Pyrénées d’euphorie et d’euphorie.  »

Comme il fut promis, le tout premier mot avait suffit.
Oui ! Le tout premier mot s’éclipsa dans l’oubli,
Et je montai comme un oiseau au fin fond du grand air,
Comme un phénix aux ailes géantes au fin fond de l’univers.


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