A l’enfant qui va naître…

Enfant

 

Lorsque j’ai appris de la bouche de ta mère que nous allions avoir un enfant, j’ai éprouvé un sentiment bizarre, mélange à la fois de joie et d’angoisse.

Joie parce que j’attendais ce moment depuis longtemps, avec une impatience que j’avais de plus en plus de mal à dissimuler, et parce que je souhaitais que ce rêve se réalise un jour avec une seule femme. Tu te doutes bien de qui il s’agit…

Angoisse en revanche parce que ta mère m’avait dit quelque temps auparavant que si elle tombait enceinte, elle avorterait… Il est vrai que tous les deux, nous avons eu une relation particulière et parfois compliquée. Disons que ta conception a eu lieu peu après que nous nous soyons remis tous les deux. J’avais donc peur que ta mère ne considère cette grossesse comme un événement survenu trop tôt dans notre « nouvelle » relation… Je te laisse imaginer mon soulagement et mon immense fierté lorsque, avec un grand sourire, elle m’a dit : « Tu fais ce que tu veux, mais moi je le garde. ». Inutile de te dire aussi que pendant toute la soirée, nous avons été tous les deux comme sur un nuage.

Ce n’est que le lendemain que j’ai réalisé vraiment ce que ta mère m’avait annoncé la veille. C’est peut-être bête à dire, mais je me suis senti vieux tout d’un coup ; j’ai vraiment réalisé l’âge que j’avais et que je vieillissais. Tu vas sûrement te dire que je n’avais que 24 ans à l’époque et qu’il n’y avait pas de quoi se sentir vieux. Disons qu’auparavant je vivais sans me soucier du temps qui passe, ni de la vie… Tu verras par toi même que, lorsqu’on est adolescent, on se dit « quand j’aurai dix-huit ans, ou vingt ans… », tout cela paraît loin. Mais lorsqu’on y est, on voit les années défiler très vite, trop vite parfois.

Ce fut le cas pour moi, mais je les vivais dans l’insouciance. Aussi, lorsque je me suis réveillé ce matin-là, je me suis demandé si je n’avais pas rêvé. Et lorsque j’ai vraiment compris, je peux dire que je me suis pris, comme on dit, une grande claque. Depuis, je m’y suis fait. Non pas que l’idée d’être père me fasse peur, ou que je ne me sente pas prêt (quoique parfois je me pose pas mal de questions), mais parce que j’avais du mal à réaliser.

Aujourd’hui j’attends ta venue comme une délivrance. Délivrance de l’attente, de l’angoisse, de l’impatience. Je ne prétends pas savoir tout ce qu’il y a à savoir du rôle de père, mais je ferai du mieux que je peux, et je m’efforcerai d’être le meilleur père possible.

Je ferai en sorte de ne pas commettre les erreurs que commettent d’autres pères ; j’essaierai en revanche d’être attentif, à l’écoute de tes moindres envies, quelles qu’elles soient. Je m’efforcerai d’être toujours disponible, et aussi tendre. Que tu sois une fille ou un garçon, que m’importe : tu seras mon enfant et ce sera à mes yeux le plus important.

Avec tout mon amour…

Ton père.


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