Un jour en stage d’été…

Stage

 

Peut-être que certains cinéphiles parmi vous sauront de quel film est tiré le titre de cet article. Mais au risque de vous décevoir, il n’y a aucune rapport, ni de près ni de loin. Exit donc, l’histoire de la flûte… enchattée. Enchantée, pardon. Je souhaitais juste évoquer un souvenir qui m’est revenu à l’esprit, et que quelqu’un a contribué (involontairement) à vous raconter : mon premier amour. C’était en 1989, j’habitais en Alsace. Cet été-là, mes parents m’avaient inscrit en camp sportif pour une semaine, dans un petit village de campagne non loin de Strasbourg. Au programme : équitation, tennis et handball, sport que je pratiquais à l’époque. Certains garçons de mon groupe m’ont vite fait remarquer qu’une fille me faisait les yeux doux. Bien entendu, tout le monde le voit… sauf moi. Elle s’appelle Caroline, c’est une jolie brune aux yeux bleu-gris, quelques taches de rousseur sur le visage et un sourire ravageur.

Mercredi, l’une de ses copines vient me voir et me demande si Caroline me plaît. Sur le moment, je n’ai pas répondu, je m’occupais de seller mon cheval. Mais plus tard dans la journée, nous avons pu passer un peu de temps ensemble, à discuter, à échanger. Une complicité s’est installée, mais ça ne va pas plus loin. Jeudi, Caroline semble me tourner un peu plus autour. Elle est sensée faire partie du groupe tennis, sur les cours juste à côté du gymnase où mon groupe joue au handball. Mais elle est là, assise sur le banc, à me regarder. Avec le recul, et sans aucune méchanceté ou moquerie de ma part, son attitude (tout comme celle de ses copines à l’égard de certains garçons de l’équipe) me font penser à la cheerleader face au capitaine de l’équipe.

Jeudi soir, comme chaque semaine dans ce camp, c’est le moment de « la boum ». Les filles se font coquettes, les garçons sortent les tubes de gel et se parfument un peu (trop pour certains). On danse sur Telephone, sur du disco, mais aussi sur quelques tubes de l’époque : 101 (Depeche Mode), Let Love Rule (Lenny Kravitz), Like a Prayer (Madonna), Yellow Moon (The Neville Brothers), Two Hearts (Phil Collins), Eternal Flame (The Bangles), The Look (Roxette), She Drives Me Crazy (Fine Young Cannibals), If You Don’t Know Me By Now (Simply Red), Batdance (Prince), Hangin’ Tough (New Kids On The Block), Girl I’m Gonna Miss You (Milli Vanilli)… Et arrive, fatalement, le moment des slows. Les couples – certains improbables – se forment. Caroline est assise près de moi, et lorsque retentit Still loving you on se regarde et, sans un mot, on se comprend. On quitte le réfectoire, et on s’installe juste à côté du bâtiment, adossé au talus d’un des champs du club équestre. La nuit est douce et claire. Caroline et moi regardons les étoiles, elle me demande si je m’y connais. Un peu. Je lui montre quelques constellations, elle semble fascinée. « C’est vraiment beau un ciel plein d’étoiles », me dit-elle. Je tourne la tête vers elle, et je lui réponds : « Oui, mais la plus belle des étoiles… elle est assise à côté de moi. » (oui, je sais… ça fait très cucul). Elle me regarde, me sourit. Premier baiser. Premiers frissons. Première accélération cardiaque.

Nous avons passé le reste de la soirée tous les deux, nous ne nous sommes pas quittés le vendredi. Nous sommes rentrés chez nous le samedi, nous promettant de nous retrouver dix jours plus tard pour le dernier camp. Malheureusement, elle n’est pas venue.

Nous nous sommes revus trois fois par la suite. La première fois, je ne m’y attendais pas du tout, c’était lors de la rentrée 1990. Le téléphone a sonné, c’est mon père qui a répondu. Il est venu me prévenir, j’ai cru qu’il s’agissait d’une camarade de classe. Je suis tombé des nues quand elle m’a dit « c’est Caroline ». Elle est venue à la maison quelques jours plus tard, après les cours. Puis nouvelle disparition. La seconde fois, c’était au cours d’un week-end, mon père était à l’étranger, ma mère emmenait mes sœurs en compétition sur Paris. Nous avons de nouveau flirté, au cinéma, en ville… nouvelle disparition. La troisième et dernière fois, c’était l’été 1993. Je faisais mon service militaire et, blessé, j’étais en arrêt pour 3 semaines. J’en ai profité pour venir rendre visite à mes amis strasbourgeois. Nous avons flirté de nouveau…

Je me suis souvent demandé ce qu’elle était devenue. Pour le savoir, j’ai recherché parfois sur Google ou Facebook, mais sans succès. Me plairait-elle toujours aujourd’hui ? Peut-être. Ou peut-être pas. Une chose est sûre c’est qu’on n’oublie jamais son premier amour.


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