Ecriture contrainte 02-02-2018

Oulimots

 

Après avoir ajouté une liste de blogueuses et de blogeurs à suivre, je me suis prêté au jeu de « l’écriture contrainte » proposée par Popins depuis le début de l’année. L’idée est simple : « Publier chaque jour un texte sous la contrainte mais avec plaisir. » avec pour seules contraintes « une liste de mots imposés, un de ces mots par petit paragraphe, 2500 signes espaces non compris. ».

J’ai donc choisi la liste de mots proposée par Dolores Muriel : boulot, poireaux, drapeau, tôt, Yvetot, grelot, entrepôt, suppôt, marteau

Voici ce que donne le résultat de ma première écriture contrainte :

 

La vengeance du cuistot

Je me devais de retrouver Jean-Marc. De lui montrer que je fais bien mon boulot, quoi qu’il en dise. Et que son attitude à mon égard était tout simplement indigne d’un professeur.

Avant tout, il me fallait échafauder un plan. Il était encore tôt, je pouvais donc réfléchir tranquillement à la façon dont j’allais procéder.

De toute manière, Jean-Marc ne quitterait pas Yvetot avant 7h00, et avec un peu de chance il ne serait pas là avant 8h00.

Sur la route qui me menait vers ma revanche, je m’arrêtai dans l’entrepôt d’un maraîcher pour y faire un plein de légumes.

Carottes, poireaux, courge, pois gourmands, pommes de terre… De quoi faire de bons petits plats, une bonne soupe. 

Quelques minutes plus tard, je passais sous le drapeau normand du lycée hôtelier. Trouver une place de parking à cette heure n’allait pas être simple, mais au final je ne mis pas longtemps à me garer.

Je me dirigeai vers la cuisine au son retentissant de la sonnerie qui marque le début des cours et qui voit courir les élèves dans les couloirs, telles des chèvres bondissant vers les alpages menées par le grelot de la meneuse du troupeau.

Jean-Marc arriva à 8h30 précise et fût étonné de me trouver là, en tenue, devant ses élèves. Sur le côté, deux hommes en costume sombre, la mine patibulaire, l’observaient attentivement.

– Bonjour à tous. Aujourd’hui, nous allons réaliser différentes préparations, a…

– Bonjour monsieur, nous sommes de l’inspection académique. Vous connaissez l’homme qui se tient devant vous, n’est-ce pas ? Un élève que vous auriez sous-noté et qui, du coup, n’a pas obtenu son diplôme. Après étude de son dossier, pour ne laisser planer aucun doute, nous avons décidé de lui faire repasser l’épreuve aujourd’hui, afin de réparer cette injustice.

– L’injustice ? Ce dernier mot résonna dans la pièce. Jean-Marc semblait sonné. Le coup de grâce, celui du marteau qui l’achèverait, n’allait pas tarder à tomber.

 – N’importe quoi ! Ça n’a rien de bizarre qu’il n’ait pas eu son diplôme : c’est un râté ! Il ne sait pas cuisiner !

– Bizarre, en effet, pour quelqu’un dont les chefs avec qui il a travaillé n’ont dit que du bien. Mais ne perdons pas de temps inutilement ! Sachez que vous serez convoqués prochainement pour vous expliquer. Nous avons assez de témoignages qui dénoncent les méthodes parfois peu conventionnelles et pédagogiques dont vous faites preuves, vous et vos suppôts.

Je souris. Je la tenais enfin, ma vengeance. 


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